vendredi 15 avril 2011

Pauvreté rurale au Congo : Description et analyse


Selon le document de stratégie de réduction de la pauvreté  (DSRP 2007) environ la moitié des congolais (51%) vit en dessous du seuil de pauvreté estimé à 544 FCFA par adulte et par jour. De manière générale, la pauvreté est très présente dans tout le milieu rural congolais. Les ménages qui tirent leurs revenus des activités agricoles sont les plus vulnérables: 70% sont pauvres. A l’opposé, les ménages du secteur tertiaire ont un taux de pauvreté d’un peu moins de 40%.
La pauvreté rurale est souvent une conséquence  de l’enclavement des zones rurales de production  à cause du mauvais état des routes et pistes rurales; du faible surplus produit et commercialisé ;  des faibles rendements agricoles qui sont fonction de la technologie artisanale de production  (manque d’intrants - semences et boutures saines-  et de savoir-faire);  de la baisse des rendements de manioc  à cause de la mosaïque qui menace la sécurité alimentaire; et  des termes d’échange défavorables avec les centres urbains. Au sein des villages, il y a peu de différenciation entre bantous qui forment la grande majorité de la population, car la terre est disponible et ne constitue pas une contrainte, mais les populations semi-nomades (pygmées) sont souvent discriminées.
En milieu rural, l’agriculture est la principale source de revenus. La base de l’agriculture est la petite exploitation agricole, d’une superficie de 0,5 à 2 ha, pratiquant un système mixte sur la base du manioc et de la banane avec les cultures associés suivantes : arachide, maïs, maraîchage. De plus, il existe une tradition d’élever des petits ruminants (ovins et caprins, des porcs et de la volaille). Les ménages des petites exploitations sont composés en moyenne de cinq personnes. Le système de culture dominant est l’agriculture itinérante sur brûlis avec de longues jachères. Dans ces petites unités, les travaux agricoles sont effectués manuellement avec un outillage rudimentaire. Au sortir des conflits, les zones périurbaines ont fait preuve de réactivité à la demande du marché, démontrant ainsi l’efficacité des filières et des financements informels qui seuls fonctionnent actuellement.
Les contraintes que rencontrent les petits exploitants sont principalement: l’enclavement qui fait obstacle à l’écoulement des productions, les difficultés d’approvisionnement en semences et boutures améliorées et en petits équipements agricoles, le faible accès aux services agricoles, les difficultés d’accès à l’information et aux technologies ; et la décapitalisation à la suite des conflits du passé.

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