Depuis la relance de ses activités en 2009, l'équipe restreinte du Proder est en train de poser des actes perceptibles, non seulement dans le domaine agricole, mais aussi en ce qui concerne les infrastructures rurales. S'agissant des infrastructures, le Proder a centré son action sur les pistes agricoles. C'est ainsi qu'il a construit un certain nombre d'ouvrages de franchissement, notamment des ponts et des dalots. Ces ouvrages sont des pistes agricoles, parce qu'ils permettent l'évacuation des produits villageois vers les grands centres.
Dans ce contexte du désenclavement des bassins de productions, le Proder a construit par le biais de l'entreprise MHB le pont métallique de type Mabey au village Okia, à 40 km de la sous-préfecture de Ngoko. Avec l'achèvement de cet ouvrage de franchissement, l'axe Okia-Obongui jusqu'à Boundji jamais ouvert est dorénavant relié. Ainsi, l'objectif poursuivi par le Proder qui consistait à mettre ce pont sur la rivière est atteint. Les riverains pourront dorénavant partir de Ngoko à Okia en traversant le pont jusqu'à Boundji en véhicule.
Pour Armand Andéa, secrétaire général de la sous-préfecture de Ngoko, « la construction de ce pont métallique permettra à la population de Ngoko d'acheminer des produits vers Boundji (situé à 28 km à partir de ce pont). Et cela prouve combien la route est un moteur de développement. C'est pourquoi nous félicitons le Proder qui a réalisé cette œuvre. Il ne nous reste plus qu'à voir la construction du pont du village Voulangouli, et nous aurons ainsi bénéficié de deux ponts et dalots. »
Juste Elenga, 20 ans, élève en classe de troisième, est dans les travaux champêtres depuis son plus jeune âge. Il exprime lui aussi sa joie : « Je suis très content, car désormais je pourrai écouler mes produits jusqu'à Boundji. Il en est de même pour mon père qui a deux hectares de manioc, mais qui n'arrivait pas à les écouler par manque d'ouvrages de franchissement. Avec la construction de ce pont, nos produits seront facilement écoulés. Maintenant que la route est accessible, j'invite mes amis à se lancer eux aussi dans les travaux champêtres. »
On relève cependant une difficulté : la construction du pont métallique du village Voulagoulou n'avance plus. En effet, les travaux de ce pont métallique de type Mabey qui avaient pourtant démarré ont été arrêtés juste après le dépôt du matériel, pour la simple raison que la société Transfluco qui doit construire un pont métallique de type Mabey en amont pour permettre l'acheminement du matériel vers Voulagoulou ne l'a pas fait, bloquant ainsi la réalisation du pont de Voulagoulou par l'entreprise MHB. « Et pourtant le financement a été décaissé », murmurent les autorités et responsables du Proder.
En effet, après la signature du contrat en 2008, les travaux devraient commencer en 2009. Les ponts métalliques importés d'Angleterre ont été acheminés de Pointe-Noire vers Brazzaville, puis de Brazzaville vers les sites. Certes, les éléments métalliques se trouvent déjà sur le site, mais la situation sur cet axe demeure préoccupante. Voila pourquoi, s'agissant de cette entreprise, le ministère de tutelle dit faire valoir les dispositions contractuelles du marché, parce qu'au-delà des pénalités de retard figurent des dispositions qui prévoient que le dossier peut-être porté en justice. Il n'est donc pas exclu d'envisager cette mesure pour le bien des populations. Par contre, en ce qui concerne l'axe Ngoko-Mouangui, long de 17 km, le Proder a construit un dalot en partenariat avec l'ONG Acir. L'action du Proder ne va pas s'arrêter là, car il entend construire trois dalots et deux ponts dans la sous-préfecture de Ngoko.
Du côté du village Lendeli, à 38 km de la sous-préfecture d'Etoumbi, est construit un pont métallique de 9,10 mètres par l'entreprise Joël-Envol. Les travaux de construction de ce pont sont très avancés. Il ne reste plus qu'à lancer le pont sur les deux culées et de poser le plancher en utilisant l'avant-bec afin de pousser le pont déjà assemblé. Il ne restera alors qu'à visser les boulons, et le travail sera enfin terminé.
Par ailleurs, au-delà de ce pont de Lendeli, il y en a un second, également de 9,10 mètres, construit par la même société sur le site de Lola, à 40 km. Hélas, l'entreprise Joël-Envol a dû arrêter les travaux parce qu'elle est à court de moyens financiers. Or, il ressort après évaluation faite et au regard des dispositions contractuelles, que l'entreprise Joël-Envol devrait être capable d'assurer l'exécution des travaux jusqu'à 85%. C'est ce qui est fait en ce qui concerne le pont de Lendeli, alors que pour le second, l'entreprise n'est encore qu'autour de 62%. À ce propos, Guy Fulgence Mbengué, responsable du suivi et évaluation déclare : « Nous avons produit un rapport qui sera soumis au Fida pour permettre à l'entreprise d'entrer dans la deuxième tranche et poursuivre les travaux. Il faut rappeler que cette entreprise a connu beaucoup de difficultés, le premier site ayant été confié à d'autres partenaires compte tenu des retards connus. Il a fallu que le Proder, avec le bureau de contrôle, la direction départementale des travaux publics et de l'équipement et le conseil départemental identifient les nouveaux sites. »
S'agissant des travaux qui n'ont pas été achevés, Guy Fulgence Mbengué, précise : « Pour tous les travaux qui vont commencer avant la fin du Proder, les procédures avec le Fida prévoient que même s'il y a des engagements à prendre avant l'achèvement des activités, on pourra après faire des opérations financières si tel chantier n'est pas encore terminé et qu'il faut l'achever. »
Rappelons que la construction des ponts métalliques de Lendeli et Lola permettra aux usagers de rallier Etoumbi à Ewo en un court laps de temps. Ce pont favorisera aussi l'évacuation des produits de première nécessité entre Etoumbi, Ewo et Kellé. Cela permettra donc non seulement la circulation des personnes et des biens, mais aussi le renforcement des échanges commerciaux entre les habitants.
Sources : les dépêches de Brazzavuille
Bruno Okokana
www.brazzaville-adiac.com