lundi 18 avril 2011

Infrastructures rurales : des ponts métalliques de type Mabey construits pour faciliter l'évacuation des produits vivriers et les échanges commerciaux

En vue de permettre aux populations rurales des zones désenclavées d'acheminer et d'échanger leurs produits le long de différents axes, le Projet de développement rural (Proder) a construit plusieurs ponts métalliques et dalots dans les départements de la Cuvette et de la Cuvette-Ouest 
Depuis la relance de ses activités en 2009, l'équipe restreinte du Proder est en train de poser des actes perceptibles, non seulement dans le domaine agricole, mais aussi en ce qui concerne les infrastructures rurales. S'agissant des infrastructures, le Proder a centré son action sur les pistes agricoles. C'est ainsi qu'il a construit un certain nombre d'ouvrages de franchissement, notamment des ponts et des dalots. Ces ouvrages sont des pistes agricoles, parce qu'ils permettent l'évacuation des produits villageois vers les grands centres.  
Dans ce contexte du désenclavement des bassins de productions, le Proder a construit par le biais de l'entreprise MHB le pont métallique de type Mabey au village Okia, à 40 km de la sous-préfecture de Ngoko. Avec l'achèvement de cet ouvrage de franchissement, l'axe Okia-Obongui jusqu'à Boundji jamais ouvert est dorénavant relié. Ainsi, l'objectif poursuivi par le Proder qui consistait à mettre ce pont sur la rivière est atteint. Les riverains pourront dorénavant partir de Ngoko à Okia en traversant le pont jusqu'à Boundji en véhicule. 
Pour Armand Andéa, secrétaire général de la sous-préfecture de Ngoko, « la construction de ce pont métallique permettra à la population de Ngoko d'acheminer des produits vers Boundji (situé à 28 km à partir de ce pont). Et cela prouve combien la route est un moteur de développement. C'est pourquoi nous félicitons le Proder qui a réalisé cette œuvre. Il ne nous reste plus qu'à voir la construction du pont du village Voulangouli, et nous aurons ainsi bénéficié de deux ponts et dalots. » 
L'un des responsables de l'entreprise MHB n'a pas caché sa satisfaction, après une année de dur labeur : « Nous avons mis un an à construire ce pont métallique. Il a une capacité jusqu'à 84 000 tonnes de réception de charge pour une garantie de plusieurs décennies. Si nous n'avons pas terminé au mois de mars 2011 pour totaliser une année, c'est parce que le financement et l'approvisionnement ne sont pas arrivés à temps. Ajoutez à cela l'abondance des pluies et la rivière qui a présenté des débits énormes. Aujourd'hui, nous sommes satisfaits parce que le travail est arrivé à son terme. C'est un ouvrage entièrement réalisé par les Congolais, au grand soulagement des populations. » 
Juste Elenga, 20 ans, élève en classe de troisième, est dans les travaux champêtres depuis son plus jeune âge. Il exprime lui aussi sa joie : « Je suis très content, car désormais je pourrai écouler mes produits jusqu'à Boundji. Il en est de même pour mon père qui a deux hectares de manioc, mais qui n'arrivait pas à les écouler par manque d'ouvrages de franchissement. Avec la construction de ce pont, nos produits seront facilement écoulés. Maintenant que la route est accessible, j'invite mes amis à se lancer eux aussi dans les travaux champêtres. »  
On relève cependant une difficulté : la construction du pont métallique du village Voulagoulou n'avance plus. En effet, les travaux de ce pont métallique de type Mabey qui avaient pourtant démarré ont été arrêtés juste après le dépôt du matériel, pour la simple raison que la société Transfluco qui doit construire un pont métallique de type Mabey en amont pour permettre l'acheminement du matériel vers Voulagoulou ne l'a pas fait, bloquant ainsi la réalisation du pont de Voulagoulou par l'entreprise MHB. « Et pourtant le financement a été décaissé », murmurent les autorités et responsables du Proder.  
En effet, après la signature du contrat en 2008, les travaux devraient commencer en 2009. Les ponts métalliques importés d'Angleterre ont été acheminés de Pointe-Noire vers Brazzaville, puis de Brazzaville vers les sites. Certes, les éléments métalliques se trouvent déjà sur le site, mais la situation sur cet axe demeure préoccupante. Voila pourquoi, s'agissant de cette entreprise, le ministère de tutelle dit faire valoir les dispositions contractuelles du marché, parce qu'au-delà des pénalités de retard figurent des dispositions qui prévoient que le dossier peut-être porté en justice. Il n'est donc pas exclu d'envisager cette mesure pour le bien des populations. Par contre, en ce qui concerne l'axe Ngoko-Mouangui, long de 17 km, le Proder a construit un dalot en partenariat avec l'ONG Acir. L'action du Proder ne va pas s'arrêter là, car il entend construire trois dalots et deux ponts dans la sous-préfecture de Ngoko. 
Du côté  du village Lendeli, à 38 km de la sous-préfecture d'Etoumbi, est construit un pont métallique de 9,10 mètres par l'entreprise Joël-Envol. Les travaux de construction de ce pont sont très avancés. Il ne reste plus qu'à lancer le pont sur les deux culées et de poser le plancher en utilisant l'avant-bec afin de pousser le pont déjà assemblé. Il ne restera alors qu'à visser les boulons, et le travail sera enfin terminé.  
Par ailleurs, au-delà de ce pont de Lendeli, il y en a un second, également de 9,10 mètres, construit par la même société sur le site de Lola, à 40 km. Hélas, l'entreprise Joël-Envol a dû arrêter les travaux parce qu'elle est à court de moyens financiers. Or, il ressort après évaluation faite et au regard des dispositions contractuelles, que l'entreprise Joël-Envol devrait être capable d'assurer l'exécution des travaux jusqu'à 85%. C'est ce qui est fait en ce qui concerne le pont de Lendeli, alors que pour le second, l'entreprise n'est encore qu'autour de 62%. À ce propos, Guy Fulgence Mbengué, responsable du suivi et évaluation déclare : « Nous avons produit un rapport qui sera soumis au Fida pour permettre à l'entreprise d'entrer dans la deuxième tranche et poursuivre les travaux. Il faut rappeler que cette entreprise a connu beaucoup de difficultés, le premier site ayant été confié à d'autres partenaires compte tenu des retards connus. Il a fallu que le Proder, avec le bureau de contrôle, la direction départementale des travaux publics et de l'équipement et le conseil départemental identifient les nouveaux sites. »  
S'agissant des travaux qui n'ont pas été achevés, Guy Fulgence Mbengué, précise : « Pour tous les travaux qui vont commencer avant la fin du Proder, les procédures avec le Fida prévoient que même s'il y a des engagements à prendre avant l'achèvement des activités, on pourra après faire des opérations financières si tel chantier n'est pas encore terminé et qu'il faut l'achever. »  
Rappelons que la construction des ponts métalliques de Lendeli et Lola permettra aux usagers de rallier Etoumbi à Ewo en un court laps de temps. Ce pont favorisera aussi l'évacuation des produits de première nécessité entre Etoumbi, Ewo et Kellé. Cela permettra donc non seulement la circulation des personnes et des biens, mais aussi le renforcement des échanges commerciaux entre les habitants.
  
Sources : les dépêches de Brazzavuille
Bruno Okokana 
www.brazzaville-adiac.com

PRODER 1 : Restructuration des activités à la satisfaction des bénéficiaires

En 2009, alors que le Proder sortait de la revue a mi-parcours, le gouvernement et le Fonds international pour le développement agricole (Fida) s'étaient accordés pour restructurer le Projet du développement rural (Proder) dans les départements des Plateaux, de la Cuvette et de la Cuvette-Ouest en quatre missions principales 
Cette restructuration obéissait à une volonté de renforcer l'investissement pour préserver l'impact des activités sur le terrain, mais était aussi dictée par le fait que les moyens financiers disponibles ne pouvaient permettre à ce projet d'assurer tous les investissements nécessaires. C'est ainsi que fin novembre- début décembre 2009, à la faveur de la visite du directeur du Fida pour les zones Afrique centrale et de l'Ouest, une évaluation avait été faite pour se prononcer sur cette restructuration. Les mesures qui avaient été prises à cette occasion étaient entre autres de restreindre l'équipe sur le terrain pour assurer la mise en œuvre des activités, qui elles-mêmes étaient recadrées pour cette dernière phase du projet ; de rattacher la coordination de ses activités au Proder-Sud. Désormais, le Proder-1 devrait avoir comme coordonnateur le même que celui du Proder-2 ; de clarifier les comptes du Proder-1. Pour cela, il a été prononcé la suspension de tous les décaissements du projet jusqu'à ce jour.  
C'est donc dans ce contexte que l'équipe restreinte a pris son service le 29 décembre 2009 avec quatre missions principales précises : redémarrer le programme de distribution de boutures saines de manioc, et de multiplication de semences d'igname ; renforcer autour de ces programmes agricoles l'investissement au niveau des infrastructures ; de dynamiser les acquis au niveau de la microfinance rurale, notamment les Caisses d'équité. Ces missions constituent dorénavant la feuille de route de l'équipe restreinte basée à Oyo, dans le département de la Cuvette, en coordination avec l'équipe de Dolisie, dans le département du Niari.  
Aussitôt arrivée  à Oyo, l'équipe restreinte a fait l'état des lieux, car tout était arrêté : les moyens roulants étaient parqués, et il n'y avait plus aucune ressource financière. Cet état des lieux a permis au Proder-1 d'identifier un certain nombre de difficultés à surmonter pour pouvoir redémarrer les activités. Ainsi donc, dès le mois de décembre, une mission devait se rendre dans la zone de projet pour évaluer les boutures saines de manioc disponibles, il fallait commencer par là. L'équipe a dû réparer des véhicules pour se mouvoir dans la zone, elle a également fait le point avec les entreprises qui avaient mission de construire des ponts, puis elle a enfin procédé à l'évaluation de la situation des Caisses d'équité. S'en est suivie l'élaboration du programme de travail et du budget annuel de 2010. Ce budget, adopté à un peu plus de 1,4 milliard FCFA a été abaissé à la somme de 1,2 milliard pour tenir compte de la capacité de mobilisation des fonds.  
Il sied tout de même de relever au passage que ce budget était constitué  des fonds de la contrepartie gouvernementale (difficilement mobilisables) et le fonds Fida (dont les décaissements sont suspendus). C'est seulement au mois de mai 2010 que le gouvernement du Congo a débloqué la somme de 400 millions (tranche comptant pour l'année 2009). Il fallait cependant déduire de ces fonds 196 millions au titre des dépenses déclarées non éligibles et à rembourser au compte spécial. En effet, selon les procédures de mise en œuvre des projets de la coopération entre le gouvernement et le Fida, toute dépense réalisée hors procédures est déclarée non éligible, donc remboursable. Si une dépense n'a pas été réalisée selon les procédures prévues, cette dépense est déclarée non éligible.

Chemin faisant, le Proder a fait reprendre en 2010 les cinq ponts métalliques ; deux ponts avec l'entreprise Joël-Envol au niveau de la sous-préfecture d'Etoumbi dans le département de la Cuvette-Ouest, deux ponts avec l'entreprise MHB au niveau de la sous-préfecture de Ngoko dans le département de la Cuvette, et enfin un pont avec l'entreprise Transfluco dans le district de Ngoko. 
Toujours dans le budget 2010, le programme de diffusion et de multiplication de semences d'ignames et de boutures saines de manioc, au centre des activités de relance du Proder-1, a repris. L'équipe a également renforcé et dynamisé huit caisses de microfinance à Ngo, Djambala, Lékana, Lagué, Ongogni, Etoumbi, Kellé et Ngoko. La situation de ces caisses était fort préoccupante, en mal de gestion et où l'on accusait des arriérés de paiement de primes de gérance de plus de deux ans. Ce qui avait entraîné une démotivation généralisée au niveau des élus et des gestionnaires. Aujourd'hui, l'équipe restreinte a pu éponger ces arriérés, relancer les assemblées générales, renouveler les instances dirigeantes, recruter des prestataires de microfinance qui ont pour mission d'assurer le suivi et l'animation des caisses. 
Grâce à  un plan de relance mis en place par l'équipe restreinte, les caisses retrouvent petit à petit la confiance perdue. C'est dans cette optique que le responsable du suivi évaluation (RSE) du Proder-Nord, Guy Fulgence Mbengué, a précisé les enseignements de leur ministre de tutelle, Rigobert Maboundou, lorsqu'il déclarait : « Les Proders constituent pour le gouvernement un moyen de toucher les populations rurales pauvres... » Hélas, à un moment donné du parcours le Proder-1 s'est retrouvé en mauvaise passe ; dès lors, il devenait difficile pour les Proders et le gouvernement de toucher ces populations rurales pauvres. Heureusement, le gouvernement et le Fida ont rapidement trouvé la solution : la mise en place de l'équipe restreinte. 
Si hier tout était arrêté, les activités ont repris, notamment dans les domaines de l'agriculture (manioc, igname), des infrastructures (ponts, dalots), des microfinances (Caisses d'équité) et de Radio-Proder. C'est pourquoi, faisant le point de la relance des activités du Proder, le RSE s'est dit satisfait : « Je suis soulagé du niveau de relance, car la mission était délicate : réparer quelque chose qui était abîmé, le remettre sur les rails et le suivre jusqu'au bout. » Ce soulagement s'explique aussi à travers les témoignages des populations, quand elles déclarent : « Nous apprécions ces boutures, nous en donnons aux autres, nous en avons encore besoin. Nous avons besoin que le Proder renforce ses appuis pour que nous ayons des formations, du crédit et des pistes agricoles pour nous permettre d'évacuer nos produits... »  
Rappelons que 2011 est l'année d'achèvement des activités du Proder. Pour cette période, notre défi est d'achever les activités programmées dans les meilleures conditions possible. Le gouvernement est en train de négocier un nouveau programme avec le Fida. Ce programme-pays à vocation nationale se focalisera sur le développement de filières agricoles et piscicoles avec une bonne prise en compte des aspects de désenclavement des bassins de production (réhabilitation et entretien des pistes). Ainsi donc, toutes les autres activités ou autres volets non terminés trouveront sûrement leur compte dans le programme-pays.  
 Les dépêches de Brazzaville
Bruno Okokana 
www.brazzaville-adiac.com
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vendredi 15 avril 2011

Pauvreté rurale au Congo : Description et analyse


Selon le document de stratégie de réduction de la pauvreté  (DSRP 2007) environ la moitié des congolais (51%) vit en dessous du seuil de pauvreté estimé à 544 FCFA par adulte et par jour. De manière générale, la pauvreté est très présente dans tout le milieu rural congolais. Les ménages qui tirent leurs revenus des activités agricoles sont les plus vulnérables: 70% sont pauvres. A l’opposé, les ménages du secteur tertiaire ont un taux de pauvreté d’un peu moins de 40%.
La pauvreté rurale est souvent une conséquence  de l’enclavement des zones rurales de production  à cause du mauvais état des routes et pistes rurales; du faible surplus produit et commercialisé ;  des faibles rendements agricoles qui sont fonction de la technologie artisanale de production  (manque d’intrants - semences et boutures saines-  et de savoir-faire);  de la baisse des rendements de manioc  à cause de la mosaïque qui menace la sécurité alimentaire; et  des termes d’échange défavorables avec les centres urbains. Au sein des villages, il y a peu de différenciation entre bantous qui forment la grande majorité de la population, car la terre est disponible et ne constitue pas une contrainte, mais les populations semi-nomades (pygmées) sont souvent discriminées.
En milieu rural, l’agriculture est la principale source de revenus. La base de l’agriculture est la petite exploitation agricole, d’une superficie de 0,5 à 2 ha, pratiquant un système mixte sur la base du manioc et de la banane avec les cultures associés suivantes : arachide, maïs, maraîchage. De plus, il existe une tradition d’élever des petits ruminants (ovins et caprins, des porcs et de la volaille). Les ménages des petites exploitations sont composés en moyenne de cinq personnes. Le système de culture dominant est l’agriculture itinérante sur brûlis avec de longues jachères. Dans ces petites unités, les travaux agricoles sont effectués manuellement avec un outillage rudimentaire. Au sortir des conflits, les zones périurbaines ont fait preuve de réactivité à la demande du marché, démontrant ainsi l’efficacité des filières et des financements informels qui seuls fonctionnent actuellement.
Les contraintes que rencontrent les petits exploitants sont principalement: l’enclavement qui fait obstacle à l’écoulement des productions, les difficultés d’approvisionnement en semences et boutures améliorées et en petits équipements agricoles, le faible accès aux services agricoles, les difficultés d’accès à l’information et aux technologies ; et la décapitalisation à la suite des conflits du passé.