vendredi 24 juin 2011

CONTEXTE D’EVOLUTION DU PRODER SUD AU COURS DE LA PERIODE 2007 - 2009

Au cours de la période en revue, les activités amorcées par l’Unité de Coordination du Projet ont été réalisées avec succès.
Le bilan serait plus intéressant si les fonds OPEP qui constituent 36 % du financement global du Projet ont été débloqués au Projet dès la signature du prêt et la dotation de la contrepartie gouvernementale, régulièrement versée.
Le renforcement des capacités des cadres du Projet a été salutaire tant et si bien que l’élaboration des DRF demeure maintenant aisé. Aux Cadres d’accélérer le rythme de production.
Si avec le PDARP et le PCR, Projets financés respectivement par la Banque Mondiale et l’Union européenne, la collaboration est cordiale, certains opérateurs souvent méconnus des autorités départementales œuvrent dans la réhabilitation des infrastructures de base (pistes, ouvrages de franchissement etc.), contraignant ainsi le Projet à s’orienter vers d’autres voies.  Ce qui est source de perte de temps, d’énergie et de frais liés à la réalisation des études et la constitution des dossiers d’appel d’offre. Le PRODER SUD prône au niveau de chaque Département la mise en place d’une plateforme regroupant tous les opérateurs d’appui au développement  pour la réalisation d’un plan annuel d’opération.
Au cours de cette période, le PRODER SUD a connu quatre Chargés de Portefeuille soit environ un CPM par an, Triste record !
Cependant la bataille de voir un CPM résident à Brazzaville est enfin gagnée. Le tout premier s’appelle Monsieur HEIN Bernard MWNIEL.
Bienvenu Bernard !

Paul BIZIBANDOKI

RESULTATS ATTENDUS DU PROJET (janvier 2007 - décembre 2013)

Composante « Accès aux marchés et aux bassins de production » :
o     réhabiliter 390 kilomètres de pistes agricoles, et 225 ouvrages de franchissement ;
o     Former une vingtaine de cadres d’ONG/PME aux technique HIMO ;
o     Entretenir les pistes réhabilitées ;
o     Former les Comités Villageois d’Entretien Routier (CVER) aux techniques HIMO ;
-     Composante « Appui à la production et à la commercialisation » :
o     Lutter contre la mosaïque pandémique du manioc par l’introduction et la diffusion des variétés résistantes et/ou tolérantes ;
o     Promouvoir les semences  vivrières locales (arachide, maïs, haricot, soja, oignon) ;
o     Appuyer la relance et la diversification de la production agricole, animale et halieutique et renforcer les capacités des GIEC et du MAE  ;
- Composante « Hydraulique rurale » :
o     Construire ou aménager 180 points d’eau (puits, sources et forages) ;
o     Créer et former les Comités de Gestion des Points (CGPE) d’eau construits ;
-     Composante « Développement des services financiers ruraux » :
o     Créer environ 20 Caisses rurales ;
o     Construire puis équiper les sièges des caisses créées ;
- Composante « Coordination et Gestion du Projet » :
o     Aménager le siège de l’Unité de Coordination du Projet ;
o     Assurer de manière rationnelle l’organisation et le fonctionnement du Projet ;
o     Réaliser l’appui institutionnel au MAE ;


Amos KALLA,  Assistant à la Programmation et en Suivi-Evaluation.

BILAN DES ACTIVITES DU PRODER SUD AU 31 MAI 2011
Composante « Accès aux marchés et aux bassins de production » :

- Formation de 28 ONG/PME, de 25 chefs des chantiers des ONG/PME et 3 cadres des DDTP aux techniques HIMO ;
- Etude des pistes sur 296,7 km et 311 ouvrages de franchissement identifiés dont 32 ponts de portée variant entre 8 et 25 m et 279 de dimensions confondues ;
- Construction de 32 ouvrages de franchissement dont 30 dalots et 2 ponts sur 10 pistes rurales dans les bassins de production des districts de Madingou, Sibiti, Mayéyé, Louvakou, Kibangou et Mvouti ;

- Plus de 24 villages pour une population d’environ
12 000 personnes ont été touchées par la réhabilitation/construction des piste et ouvrages de franchissement ;
- Environ 320 paysans ont été employés pendant la construction des ouvrages ;
- Près de 20% du financement des travaux a été injecté dans l’économie rurale à travers les salaires payés aux manœuvres paysans. 

-     Composante « Appui à la production et à la commercialisation » :
- 405 GIEC appuyés dans 28 districts sur 35 que compte la zone du Projet et 320 villages ;
- Introduction de 28 clones de manioc dans la zone du Projet ;

- Evaluation de 15 clones élites de manioc à travers 66 tests clonaux ;
- Adoption de 10 clones de manioc dans la zone du Projet ;
- Mis en place de 540 parc à bois de manioc géré par les GIEC ;


- Formation des ONG par INADES Formation (RDC) pour la Consolidation (autopromotion) des GIEC ;
- Mise en place de 162 ha de pépinière au niveau du CRAL et des centres d’appui géré par les secteurs agricoles ;
- Acquisition d’un lot d’équipements pour la production des vitroplants au CRAL  au CERAG;
- Réhabilitation et équipement de la Ferme Semencière de Mayoumina ;
- Formation de 9 encadreurs et 25 bénéficiaires (producteurs, transformateurs, agents de santé et commerçants) sur les techniques de production, de conservation et de transformation de soja ;
- Production de semences : maïs 2,7 T ; arachide 2,3 T ; soja 1,5 T;

- 2836 plants de palmiers à huile ont été produits et distribués aux paysans ;

Construction (en cours) de 20 autres points d’eau.
-     Composante « Développement des services financiers ruraux » :

- A ce jour seize (16) caisses ont été crées regroupant3.040 sociétaires pour un volume d’épargne de 102 millions de FCFA.
- 845 sociétaires ont bénéficié des crédits pour un montant total de 122 millions dont 79 millions ont été déjà remboursés.
-   Formation de  450 responsables élus des caisses ;
- Réhabilitation de 3 sièges des caisses rurales de Mayéyé, Sibiti et Kibangou.

Enfin elle est arrivée, la Revue à Mi-Parcours !

Tel un voyageur qui, parvenu au sommet d’une montagne, s’arrête un moment pour regarder d’où il vient et scrute l’horizon pour mesurer la distance restante à parcourir, le moment est venu pour le PRODER SUD de faire sa revue à mi parcours.

Du 28 novembre 2006, date d’entrée en vigueur du prêt FIDA, au 15 juin 2011, le PRODER SUD totalise 55 mois d’existence soit environ trois ans et demi. Il a déjà effectué plus de la moitié (69%) de son parcours.

Pendant quinze jours, une vingtaine d’Experts et de Cadres nationaux vont sillonner monts et vallées de la zone d’intervention du PRODER SUD, à la rencontre des bénéficiaires et des partenaires du Projet.

Paul BIZIBANDOKI, Coordonnateur

lundi 18 avril 2011

Infrastructures rurales : des ponts métalliques de type Mabey construits pour faciliter l'évacuation des produits vivriers et les échanges commerciaux

En vue de permettre aux populations rurales des zones désenclavées d'acheminer et d'échanger leurs produits le long de différents axes, le Projet de développement rural (Proder) a construit plusieurs ponts métalliques et dalots dans les départements de la Cuvette et de la Cuvette-Ouest 
Depuis la relance de ses activités en 2009, l'équipe restreinte du Proder est en train de poser des actes perceptibles, non seulement dans le domaine agricole, mais aussi en ce qui concerne les infrastructures rurales. S'agissant des infrastructures, le Proder a centré son action sur les pistes agricoles. C'est ainsi qu'il a construit un certain nombre d'ouvrages de franchissement, notamment des ponts et des dalots. Ces ouvrages sont des pistes agricoles, parce qu'ils permettent l'évacuation des produits villageois vers les grands centres.  
Dans ce contexte du désenclavement des bassins de productions, le Proder a construit par le biais de l'entreprise MHB le pont métallique de type Mabey au village Okia, à 40 km de la sous-préfecture de Ngoko. Avec l'achèvement de cet ouvrage de franchissement, l'axe Okia-Obongui jusqu'à Boundji jamais ouvert est dorénavant relié. Ainsi, l'objectif poursuivi par le Proder qui consistait à mettre ce pont sur la rivière est atteint. Les riverains pourront dorénavant partir de Ngoko à Okia en traversant le pont jusqu'à Boundji en véhicule. 
Pour Armand Andéa, secrétaire général de la sous-préfecture de Ngoko, « la construction de ce pont métallique permettra à la population de Ngoko d'acheminer des produits vers Boundji (situé à 28 km à partir de ce pont). Et cela prouve combien la route est un moteur de développement. C'est pourquoi nous félicitons le Proder qui a réalisé cette œuvre. Il ne nous reste plus qu'à voir la construction du pont du village Voulangouli, et nous aurons ainsi bénéficié de deux ponts et dalots. » 
L'un des responsables de l'entreprise MHB n'a pas caché sa satisfaction, après une année de dur labeur : « Nous avons mis un an à construire ce pont métallique. Il a une capacité jusqu'à 84 000 tonnes de réception de charge pour une garantie de plusieurs décennies. Si nous n'avons pas terminé au mois de mars 2011 pour totaliser une année, c'est parce que le financement et l'approvisionnement ne sont pas arrivés à temps. Ajoutez à cela l'abondance des pluies et la rivière qui a présenté des débits énormes. Aujourd'hui, nous sommes satisfaits parce que le travail est arrivé à son terme. C'est un ouvrage entièrement réalisé par les Congolais, au grand soulagement des populations. » 
Juste Elenga, 20 ans, élève en classe de troisième, est dans les travaux champêtres depuis son plus jeune âge. Il exprime lui aussi sa joie : « Je suis très content, car désormais je pourrai écouler mes produits jusqu'à Boundji. Il en est de même pour mon père qui a deux hectares de manioc, mais qui n'arrivait pas à les écouler par manque d'ouvrages de franchissement. Avec la construction de ce pont, nos produits seront facilement écoulés. Maintenant que la route est accessible, j'invite mes amis à se lancer eux aussi dans les travaux champêtres. »  
On relève cependant une difficulté : la construction du pont métallique du village Voulagoulou n'avance plus. En effet, les travaux de ce pont métallique de type Mabey qui avaient pourtant démarré ont été arrêtés juste après le dépôt du matériel, pour la simple raison que la société Transfluco qui doit construire un pont métallique de type Mabey en amont pour permettre l'acheminement du matériel vers Voulagoulou ne l'a pas fait, bloquant ainsi la réalisation du pont de Voulagoulou par l'entreprise MHB. « Et pourtant le financement a été décaissé », murmurent les autorités et responsables du Proder.  
En effet, après la signature du contrat en 2008, les travaux devraient commencer en 2009. Les ponts métalliques importés d'Angleterre ont été acheminés de Pointe-Noire vers Brazzaville, puis de Brazzaville vers les sites. Certes, les éléments métalliques se trouvent déjà sur le site, mais la situation sur cet axe demeure préoccupante. Voila pourquoi, s'agissant de cette entreprise, le ministère de tutelle dit faire valoir les dispositions contractuelles du marché, parce qu'au-delà des pénalités de retard figurent des dispositions qui prévoient que le dossier peut-être porté en justice. Il n'est donc pas exclu d'envisager cette mesure pour le bien des populations. Par contre, en ce qui concerne l'axe Ngoko-Mouangui, long de 17 km, le Proder a construit un dalot en partenariat avec l'ONG Acir. L'action du Proder ne va pas s'arrêter là, car il entend construire trois dalots et deux ponts dans la sous-préfecture de Ngoko. 
Du côté  du village Lendeli, à 38 km de la sous-préfecture d'Etoumbi, est construit un pont métallique de 9,10 mètres par l'entreprise Joël-Envol. Les travaux de construction de ce pont sont très avancés. Il ne reste plus qu'à lancer le pont sur les deux culées et de poser le plancher en utilisant l'avant-bec afin de pousser le pont déjà assemblé. Il ne restera alors qu'à visser les boulons, et le travail sera enfin terminé.  
Par ailleurs, au-delà de ce pont de Lendeli, il y en a un second, également de 9,10 mètres, construit par la même société sur le site de Lola, à 40 km. Hélas, l'entreprise Joël-Envol a dû arrêter les travaux parce qu'elle est à court de moyens financiers. Or, il ressort après évaluation faite et au regard des dispositions contractuelles, que l'entreprise Joël-Envol devrait être capable d'assurer l'exécution des travaux jusqu'à 85%. C'est ce qui est fait en ce qui concerne le pont de Lendeli, alors que pour le second, l'entreprise n'est encore qu'autour de 62%. À ce propos, Guy Fulgence Mbengué, responsable du suivi et évaluation déclare : « Nous avons produit un rapport qui sera soumis au Fida pour permettre à l'entreprise d'entrer dans la deuxième tranche et poursuivre les travaux. Il faut rappeler que cette entreprise a connu beaucoup de difficultés, le premier site ayant été confié à d'autres partenaires compte tenu des retards connus. Il a fallu que le Proder, avec le bureau de contrôle, la direction départementale des travaux publics et de l'équipement et le conseil départemental identifient les nouveaux sites. »  
S'agissant des travaux qui n'ont pas été achevés, Guy Fulgence Mbengué, précise : « Pour tous les travaux qui vont commencer avant la fin du Proder, les procédures avec le Fida prévoient que même s'il y a des engagements à prendre avant l'achèvement des activités, on pourra après faire des opérations financières si tel chantier n'est pas encore terminé et qu'il faut l'achever. »  
Rappelons que la construction des ponts métalliques de Lendeli et Lola permettra aux usagers de rallier Etoumbi à Ewo en un court laps de temps. Ce pont favorisera aussi l'évacuation des produits de première nécessité entre Etoumbi, Ewo et Kellé. Cela permettra donc non seulement la circulation des personnes et des biens, mais aussi le renforcement des échanges commerciaux entre les habitants.
  
Sources : les dépêches de Brazzavuille
Bruno Okokana 
www.brazzaville-adiac.com

PRODER 1 : Restructuration des activités à la satisfaction des bénéficiaires

En 2009, alors que le Proder sortait de la revue a mi-parcours, le gouvernement et le Fonds international pour le développement agricole (Fida) s'étaient accordés pour restructurer le Projet du développement rural (Proder) dans les départements des Plateaux, de la Cuvette et de la Cuvette-Ouest en quatre missions principales 
Cette restructuration obéissait à une volonté de renforcer l'investissement pour préserver l'impact des activités sur le terrain, mais était aussi dictée par le fait que les moyens financiers disponibles ne pouvaient permettre à ce projet d'assurer tous les investissements nécessaires. C'est ainsi que fin novembre- début décembre 2009, à la faveur de la visite du directeur du Fida pour les zones Afrique centrale et de l'Ouest, une évaluation avait été faite pour se prononcer sur cette restructuration. Les mesures qui avaient été prises à cette occasion étaient entre autres de restreindre l'équipe sur le terrain pour assurer la mise en œuvre des activités, qui elles-mêmes étaient recadrées pour cette dernière phase du projet ; de rattacher la coordination de ses activités au Proder-Sud. Désormais, le Proder-1 devrait avoir comme coordonnateur le même que celui du Proder-2 ; de clarifier les comptes du Proder-1. Pour cela, il a été prononcé la suspension de tous les décaissements du projet jusqu'à ce jour.  
C'est donc dans ce contexte que l'équipe restreinte a pris son service le 29 décembre 2009 avec quatre missions principales précises : redémarrer le programme de distribution de boutures saines de manioc, et de multiplication de semences d'igname ; renforcer autour de ces programmes agricoles l'investissement au niveau des infrastructures ; de dynamiser les acquis au niveau de la microfinance rurale, notamment les Caisses d'équité. Ces missions constituent dorénavant la feuille de route de l'équipe restreinte basée à Oyo, dans le département de la Cuvette, en coordination avec l'équipe de Dolisie, dans le département du Niari.  
Aussitôt arrivée  à Oyo, l'équipe restreinte a fait l'état des lieux, car tout était arrêté : les moyens roulants étaient parqués, et il n'y avait plus aucune ressource financière. Cet état des lieux a permis au Proder-1 d'identifier un certain nombre de difficultés à surmonter pour pouvoir redémarrer les activités. Ainsi donc, dès le mois de décembre, une mission devait se rendre dans la zone de projet pour évaluer les boutures saines de manioc disponibles, il fallait commencer par là. L'équipe a dû réparer des véhicules pour se mouvoir dans la zone, elle a également fait le point avec les entreprises qui avaient mission de construire des ponts, puis elle a enfin procédé à l'évaluation de la situation des Caisses d'équité. S'en est suivie l'élaboration du programme de travail et du budget annuel de 2010. Ce budget, adopté à un peu plus de 1,4 milliard FCFA a été abaissé à la somme de 1,2 milliard pour tenir compte de la capacité de mobilisation des fonds.  
Il sied tout de même de relever au passage que ce budget était constitué  des fonds de la contrepartie gouvernementale (difficilement mobilisables) et le fonds Fida (dont les décaissements sont suspendus). C'est seulement au mois de mai 2010 que le gouvernement du Congo a débloqué la somme de 400 millions (tranche comptant pour l'année 2009). Il fallait cependant déduire de ces fonds 196 millions au titre des dépenses déclarées non éligibles et à rembourser au compte spécial. En effet, selon les procédures de mise en œuvre des projets de la coopération entre le gouvernement et le Fida, toute dépense réalisée hors procédures est déclarée non éligible, donc remboursable. Si une dépense n'a pas été réalisée selon les procédures prévues, cette dépense est déclarée non éligible.

Chemin faisant, le Proder a fait reprendre en 2010 les cinq ponts métalliques ; deux ponts avec l'entreprise Joël-Envol au niveau de la sous-préfecture d'Etoumbi dans le département de la Cuvette-Ouest, deux ponts avec l'entreprise MHB au niveau de la sous-préfecture de Ngoko dans le département de la Cuvette, et enfin un pont avec l'entreprise Transfluco dans le district de Ngoko. 
Toujours dans le budget 2010, le programme de diffusion et de multiplication de semences d'ignames et de boutures saines de manioc, au centre des activités de relance du Proder-1, a repris. L'équipe a également renforcé et dynamisé huit caisses de microfinance à Ngo, Djambala, Lékana, Lagué, Ongogni, Etoumbi, Kellé et Ngoko. La situation de ces caisses était fort préoccupante, en mal de gestion et où l'on accusait des arriérés de paiement de primes de gérance de plus de deux ans. Ce qui avait entraîné une démotivation généralisée au niveau des élus et des gestionnaires. Aujourd'hui, l'équipe restreinte a pu éponger ces arriérés, relancer les assemblées générales, renouveler les instances dirigeantes, recruter des prestataires de microfinance qui ont pour mission d'assurer le suivi et l'animation des caisses. 
Grâce à  un plan de relance mis en place par l'équipe restreinte, les caisses retrouvent petit à petit la confiance perdue. C'est dans cette optique que le responsable du suivi évaluation (RSE) du Proder-Nord, Guy Fulgence Mbengué, a précisé les enseignements de leur ministre de tutelle, Rigobert Maboundou, lorsqu'il déclarait : « Les Proders constituent pour le gouvernement un moyen de toucher les populations rurales pauvres... » Hélas, à un moment donné du parcours le Proder-1 s'est retrouvé en mauvaise passe ; dès lors, il devenait difficile pour les Proders et le gouvernement de toucher ces populations rurales pauvres. Heureusement, le gouvernement et le Fida ont rapidement trouvé la solution : la mise en place de l'équipe restreinte. 
Si hier tout était arrêté, les activités ont repris, notamment dans les domaines de l'agriculture (manioc, igname), des infrastructures (ponts, dalots), des microfinances (Caisses d'équité) et de Radio-Proder. C'est pourquoi, faisant le point de la relance des activités du Proder, le RSE s'est dit satisfait : « Je suis soulagé du niveau de relance, car la mission était délicate : réparer quelque chose qui était abîmé, le remettre sur les rails et le suivre jusqu'au bout. » Ce soulagement s'explique aussi à travers les témoignages des populations, quand elles déclarent : « Nous apprécions ces boutures, nous en donnons aux autres, nous en avons encore besoin. Nous avons besoin que le Proder renforce ses appuis pour que nous ayons des formations, du crédit et des pistes agricoles pour nous permettre d'évacuer nos produits... »  
Rappelons que 2011 est l'année d'achèvement des activités du Proder. Pour cette période, notre défi est d'achever les activités programmées dans les meilleures conditions possible. Le gouvernement est en train de négocier un nouveau programme avec le Fida. Ce programme-pays à vocation nationale se focalisera sur le développement de filières agricoles et piscicoles avec une bonne prise en compte des aspects de désenclavement des bassins de production (réhabilitation et entretien des pistes). Ainsi donc, toutes les autres activités ou autres volets non terminés trouveront sûrement leur compte dans le programme-pays.  
 Les dépêches de Brazzaville
Bruno Okokana 
www.brazzaville-adiac.com
Haut du formulaire
Bas du formulaire

vendredi 15 avril 2011

Pauvreté rurale au Congo : Description et analyse


Selon le document de stratégie de réduction de la pauvreté  (DSRP 2007) environ la moitié des congolais (51%) vit en dessous du seuil de pauvreté estimé à 544 FCFA par adulte et par jour. De manière générale, la pauvreté est très présente dans tout le milieu rural congolais. Les ménages qui tirent leurs revenus des activités agricoles sont les plus vulnérables: 70% sont pauvres. A l’opposé, les ménages du secteur tertiaire ont un taux de pauvreté d’un peu moins de 40%.
La pauvreté rurale est souvent une conséquence  de l’enclavement des zones rurales de production  à cause du mauvais état des routes et pistes rurales; du faible surplus produit et commercialisé ;  des faibles rendements agricoles qui sont fonction de la technologie artisanale de production  (manque d’intrants - semences et boutures saines-  et de savoir-faire);  de la baisse des rendements de manioc  à cause de la mosaïque qui menace la sécurité alimentaire; et  des termes d’échange défavorables avec les centres urbains. Au sein des villages, il y a peu de différenciation entre bantous qui forment la grande majorité de la population, car la terre est disponible et ne constitue pas une contrainte, mais les populations semi-nomades (pygmées) sont souvent discriminées.
En milieu rural, l’agriculture est la principale source de revenus. La base de l’agriculture est la petite exploitation agricole, d’une superficie de 0,5 à 2 ha, pratiquant un système mixte sur la base du manioc et de la banane avec les cultures associés suivantes : arachide, maïs, maraîchage. De plus, il existe une tradition d’élever des petits ruminants (ovins et caprins, des porcs et de la volaille). Les ménages des petites exploitations sont composés en moyenne de cinq personnes. Le système de culture dominant est l’agriculture itinérante sur brûlis avec de longues jachères. Dans ces petites unités, les travaux agricoles sont effectués manuellement avec un outillage rudimentaire. Au sortir des conflits, les zones périurbaines ont fait preuve de réactivité à la demande du marché, démontrant ainsi l’efficacité des filières et des financements informels qui seuls fonctionnent actuellement.
Les contraintes que rencontrent les petits exploitants sont principalement: l’enclavement qui fait obstacle à l’écoulement des productions, les difficultés d’approvisionnement en semences et boutures améliorées et en petits équipements agricoles, le faible accès aux services agricoles, les difficultés d’accès à l’information et aux technologies ; et la décapitalisation à la suite des conflits du passé.

jeudi 17 février 2011

Coopération Congo FIDA : vers une dynamique de programme pays.

Le Congo et le FIDA sont à une nouvelle phase de leur coopération. Les deux partenaires ont consentis de transformer et de consolider les trois projets de développement rural en un programme pays cohérent et efficace.

Le FIDA finance trois projets qui couvrent l’ensemble du pays. Le Projet de Développement Rural dans les Département des Plateaux, de la Cuvette, et de la Cuvette Ouest (PRODER-1) qui a été intégré dans le PRODER-2, le Projet de Développement Rural dans les Départements du Niari, de la Bouenza, de la Lékoumou et du Kouilou (PRODER-2) et le Projet de Développement Rural dans les Départements du Pool, de la Sangha et de la Likouala (PRODER-3). Les financements du FIDA s’élèvent respectivement à 8,05 millions DTS, 5,9 millions DTS et 5,25 millions DTS. OFID finance les PRODER-2 et 3 à raison de 7,5 millions $EU et 7 millions $EU respectivement. Les fonds de contrepartie s’élèvent à 11,25 millions $ EU pour les trois opérations. Le financement total du programme-pays est estimé à environ 54,63 millions $EU.
Toutefois, le contexte qui a présidé à la conception et au démarrage de ces trois projets a radicalement changé suite à l’amélioration significative de la situation politique et économique du pays. Cette évolution positive s’est notamment traduite dans la formulation conjointe par le Gouvernement du Congo et le FIDA d’un nouveau Programme d’options stratégiques pour le pays (COSOP-2), qui définit le cadre du partenariat stratégique entre le Gouvernement du Congo et le FIDA pour la période 2010-2014. En effet, le programme s’inscrit dans le cadre du COSOP-2 qui fut présenté au Conseil d’Administration du FIDA en décembre 2009 dont l’objectif principal est d’améliorer de manière durable la sécurité alimentaire et les revenus des populations rurales pauvres ; son objectif spécifique étant de développer des filières agricoles et halieutiques en offrant aux producteurs ruraux un meilleur accès aux technologies, aux intrants et aux marchés. Renforcer l´organisation des producteurs et les liens qui les relient à la recherche et aux services agricoles, et aux marchés (d’intrants et de produits) est au centre du Programme-Pays.
Lors de la mission du FIDA en novembre 2009, le gouvernement congolais et le FIDA  avait décidé de commun accord de réaménager le Programme-Pays. Dans un premier temps, il a été convenu de réduire l’ampleur du PRODER-1 tout en l’intégrant dans le PRODER-2 et de rechercher davantage de synergies de manière à bâtir graduellement un programme-pays unifié.
Par ailleurs, les trois projets se prêtent très favorablement à l’intégration dans un même Programme-Pays, dans la mesure où ils couvrent à eux trois l’ensemble des zones rurales du pays et sont constitués d’activités similaires. Pour converger vers un programme-pays, le Gouvernement du Congo et le FIDA ont adopté une approche progressive consistant à identifier et exploiter les possibilités de synergie offertes pour mieux aligner les opérations de terrain en cours aux axes stratégiques du COSOP-2 et atteindre les résultats escomptés. Ceci permettra de relever la performance du Programme-Pays en réduisant les chevauchements et les coûts de transaction tout en simplifiant la gestion et le Suivi-Evaluation, améliorant ainsi son positionnement stratégique et sa capacité à répondre avec plus d’efficacité et d’agilité aux objectifs du Gouvernement et du FIDA. Par ailleurs, l’investissement à venir, qui sera financé par le FIDA, visera à compléter les investissements en cours. Il viendra abonder les ressources déjà disponibles pour financer des activités dans tout le pays. Un tel investissement aura donc une assise Programme Pays. Il est prévu de le présenter au Conseil d’Administration du FIDA en décembre 2011.


 

mercredi 19 janvier 2011

Zone du PRODER SUD :   27% des enfants souffrent de malnutrition chronique.


L'enquête anthropométrique sur l’impact du PRODER Sud, réalisée  en  2008 avec l’appui financier du FIDA et du Gouvernement du Congo, a permis de révéler l’ampleur de la malnutrition protéino-énergétique (MPE) dans trois départements (Niari, Bouenza et Lékoumou) situés dans la partie sud du Congo. Ces trois départements constituent la zone d’intervention du PRODER SUD, dont la mission essentielle est de réduire la pauvreté rurale.


 Au Congo, la population vivant en dessous du seuil de pauvreté est évaluée à 65% en zone rurale (DSRP, 2008-2010). Néanmoins, en ce qui concerne la réduction de la pauvreté, les efforts consentis dans l’amélioration des conditions de vie des populations sont plus sensibles en milieu urbain (ECOM, 2005). D’où l’on note un mieux être relativement acceptable pour certaines couches sociales.

L’enquête anthropométrique de base a pour objectif général de mesurer l’effet avant, à mis parcours et en fin des interventions de développement entrepris par le Projet. Toute la démarche est menée dans le souci de dresser un diagnostic complet sur le niveau de développement et de la sécurité alimentaire des ménages. Ce diagnostic permet de retracer les grandes orientations et d’identifier les interventions éventuelles. C’est dans ce but que cette enquête est menée, en vue de constituer une base des données fiables et valides sur la situation nutritionnelle réelle qui prévaut dans les communautés rurales.


METHODE

L’établissement des prévalences de la malnutrition des enfants de moins de 5 ans est obtenu par l’utilisation des indices anthropométriques, notamment le poids (P) et la taille (T). Ces indices permettent de calculer les indicateurs de la malnutrition protéino – énergétique (MPE)  en combinaison entre eux et avec l’âge (A). Trois types de malnutrition sont identifiés à partir de ces combinaisons d’indices. Il s’agit de la maigreur (P/T), la malnutrition chronique (T/A) et l’insuffisance pondérale (P/A). Ces indicateurs correspondent à trois types de problèmes de santé, nécessitant chacune des interventions spécifiques. Les informations socioéconomiques liées à la situation alimentaire font l’objet d’une collecte dans le ménage dont l’enfant est issu, permettant ainsi une meilleure compréhension des prévalences de la malnutrition.

Le traitement des résultats anthropométriques recourt à deux approches d’analyse statistique : l’approche descriptive simple et l’approche bi-variée. L’approche descriptive permet de mettre en évidence les niveaux des fréquences de malnutrition ; et l’approche bi-variée utilise des tableaux croisés. Le test du Khi² sert pour identifier quelques associations avec la malnutrition des enfants Ces associations mesurées à l’aide du khi² consistent à croiser chacune des variables indépendantes explicatives avec la variable dépendante expliquée (état nutritionnel). La signification statistique de tous les tests est fixée à p inférieur à 5%.

Prévalence de la MPE
Selon les critères anthropométriques, la malnutrition chronique affecte 27,5% d’enfants dans les départements couverts par l’enquête. Celle-ci constitue la forme la plus répandue dans ces zones rurales, et même au niveau national où la prévalence est de 26,0% (EDSC-1-2005)[1].
La malnutrition aigue globale (maigreur) touche 4,7%, sans être négligeable. Néanmoins, elle affecte significativement  les enfants résidant dans le département du Niari, avec une prévalence de 5,5%. La forme sévère, très marginale concerne seulement 0,7% d’enfants.

Par contre, la prévalence de l’insuffisance pondérale est élevée prés de 20%. Les prévalences de deux formes observées, à savoir l’insuffisance pondérale globale et la malnutrition chronique globale, montrent une situation nutritionnelle et alimentaire très alarmante.

Les enfants du Niari et ceux des communautés autochtones sont les plus atteints

On observe une prévalence nettement élevée de malnutrition chronique (26,7%) chez les  enfants résidant dans le Niari : un peu plus d’un enfant sur quatre est atteint dans ce département. Il apparaît aussi que les enfants issus des communautés pygmées ont une prévalence significativement élevée 52,9%  (Khi²= 13,35 ; p= 0,001) que d’autres. Parmi ces enfants, la propension de développer une malnutrition chronique est également multipliée par 1,62 fois (IC= 1,13 ; 0 <RR< 2,31). Aussi, la malnutrition chronique sévère affiche une prévalence élevée, estimée à 38,2% (Khi2= 33,67, p= 0,001) parmi les enfants issus des ménages pygmées contre 8,0 % chez les bantous. Ces observations peuvent s’expliquer par les faits suivants. Concernant les prévalences élevées de malnutrition, elles peuvent s’expliquer en partie à travers le régime alimentaire déséquilibré imposé aux enfants au moment du sevrage et des disettes.

En effet, dans ces zones d’extrême pauvreté alimentaire, certains membres sont fragilisés, plus particulièrement les tout petits qui sont déjà vulnérables. Certaines considérations socioculturelles communautaires veulent que les adultes soient mieux prises en charge alimentairement en cas de pénurie ou de disette dans le ménage. D’autres facteurs sont suspectés contribuant à l’insécurité alimentaire, parmi lesquels l’on compte, l’isolement géographique de certains villages, l’analphabétisme des mères, l’accès aux services de santé de base et les moyens de communications, constituent autant d’entraves à l’amélioration de l’état nutritionnel des enfants de ces départements.

A l’instar de ce contexte précarité s’ajoute les conditions sanitaires déplorables, 63,3% des ménages enquêtés s’approvisionnent en eau de boisson issue d’une source non couverte, exposant les populations à des infections hydriques, parfois mortelles. Par ailleurs, 81% des ménages vont déféquer dans les buisons ou dans la brousse non loin de leur habitation et de l a source d’eau. Par ce biais et par manque de connaissance, les populations participent indirectement sans le savoir à la pollution de leur environnement, avec les conséquences qui en résultent sur le plan sanitaire.
Par ailleurs,  dans la plupart des cas les ménages des communautés pygmées n’ont pas les moyens financiers d’assurer leur bien être économique et social, afin d’améliorer l’état nutritionnel de leurs enfants et celui de leur famille. A l’opposé, les enfants issus des ménages bantous ont 79 % moins de risque de souffrir d’une malnutrition chronique.

Une situation nutritionnelle précaire qui nécessite des actions concrètes

Nos résultats révèlent une situation alimentaire et nutritionnelle très précaire dans les trois départements. Par conséquent, les séances d’éducation nutritionnelle pour le changement de comportement alimentaire semblent une voie pertinente qui peut réduire nettement la malnutrition des enfants de moins de 5 ans dans ces départements. Cette éducation devrait s’adresser d’ores et déjà aux jeunes mères pour apprendre les gestes qui sauvent, afin de les intégrer dans leur connaissance socioculturelle de base en vue d’une meilleure prise en charge sanitaire.



                                                                                                    Jean Pierre MASSAMBA



[1] Massamba J.P, Allaitement maternel, Etat nutritionnel des enfants et des femmes in Enquête Démographique et de Santé, Congo, 2005, Chapitre 11,  pp 157-180.
Les projets de développement rural collaborent avec  l’INADES Formation Congo (RDC) pour renforcer les capacités des ONG locales et des organisations paysannes


Conformément aux recommandations de la mission de supervision du FIDA au Congo, les projets de développement rural travaillent désormais en partenariat avec l’institut africain pour le développement économique et social. Cette institution est chargée de former  les ONG locales exerçant dans les zones d’interventions des Projets.

Une équipe de l’INADES-Formation avait effectué une mission de travail à  Brazzaville en août 2010. Après une prise de contact avec quelques ONG locales, l’équipe de l’INADES s’est rendu à Dolisie (siège du PRODER 2) et a visité  des GIEC dans les localités d’Ilou panga (district de kimongo) et Mboukoulou (district de louvakou) dans le département du Niari. Mont Bello dans la Bouenza, Indo 2 et Missama dans la Lékoumou, la Bouenza: Mpika 1 et2 Kibonga Louamba 1 et 2. L’objectif était de faire le diagnostic des GIEC et des ONG prestataires en vue de proposer un programme de renforcement des capacités des ONGD pour leurs permettre d'assurer un accompagnement performant et porteur de changement auprès des GIEC mis en plac. L’INADES a faciliter le travail de  diagnostic participatif qui a abouti  à l’établissement  de la situation de référence en rapport avec le  niveau d’organisation et de fonctionnement  des organisations paysannes et des ONG d’une part et d’autre part à l’évaluation des besoins en renforcement de capacités des GIEC(groupements d’intérêt économique communautaire), des chefs de secteurs agricoles et des ONG. L'analyse des résultats a amené à proposer une thérapie centrée sur 5 axes prioritaires de renforcement de capacités : suivantes:
- Axe 1: Organisation Structuration et fonctionnement des GIEC;
- Axe 2: Développement de la culture Auto promotionnelle dans les GIEC;
- Axe 3: Positionnement des GIEC dans les Filières Agricoles Porteuses (Approche Filière);
-Axe4:Gouvernance Participative des GIEC;
-Axe5 Approche et Stratégies d'accompagnement des GIEC.

 L’INADES aidera à mettre au point une stratégie qui permettra d’élaborer un programme de renforcement des capacités, dont la mise en œuvre permettra aux ONG de mieux accompagner le développement de la performance des GIEC et des chefs de secteurs agricoles. Ce qui amènera les organisations de base à une  prise en charge plus ou moins optimale des activités collectives et individuelles.  L’appui de l’INADES  s’articule en plusieurs modules incluant l’accompagnement, le suivi et l’audit. 
Le même travail est attendu au PRODER 3 où l’INADES va renforcer les capacités de la CNOP- Congo (concertation nationale des organisations paysannes).cette institution va dans un premier temps, faire le diagnostic des groupements des départements du Pool et de la sangha et celui de la CNOP-Congo.

Il faut rappeler que lors de la dernière mission de supervision du FIDA (Fonds international de développement agricole) au Congo en juin 2010, il  avait été constaté la faiblesse des organisations initiées par les projets.  Ce qui  représente un risque  d’aboutir à des résultats peu durables. Pour améliorer les perspectives de durabilité des activités entreprises par ces projets, la mission avait recommandé de se concentrer sur la construction  d’organisations bien gouvernées, donc de mettre un accent particulier sur leur renforcement des capacités.

INADES- Formation Congo est une institution qui a une histoire et une longue expérience en la matière. Il est une association nationale faisant partie du réseau INADES Formation. Ce dernier, créé en 1962 à Abidjan en  Côte d’Ivoire par un groupe de pères jésuites français. Depuis, il s’est répandu à travers une dizaine de pays africains dont la RDC. Cette structure  a déjà travaillé avec  deux projets financés par le FIDA en République Démocratique du Congo,  à savoir le PRAPE  et le PRAPO. Dans ce cadre, l’INADES  appui depuis 2009,   la structuration  des OP dans le district de la TSHOPO en province orientale et en 2006 il a appuyé la structuration des organisations des agriculteurs et des pêcheurs à Mbandaka et Bumba dans la province de l’équateur. 


Le proder3 affûte ses armes dans le Pool et la Sangha

Le Proder 3 a organisé du 3 au 7 août 2010 à Kinkala, dans le département du Pool, et du 06 au 10 octobre 2010, dans la Sangha, les ateliers départementaux  de validation des bassins de production ainsi que la formation des cadres des directions départementales de l’agriculture et de l’élevage.

Au cours du premier atelier, après trois jours de réflexion, cinquante sept producteurs dont sept femmes ont fait le choix des activités que devra mener le Proder 3 dans les 13 districts qui constituent le Pool. Prenant pour appui, le document de conception  du Proder 3, tous les bassins de production ont été retenus ; 32 pistes agricoles ; 160 villages identifiés et validés.

Par ailleurs, dans ce même document, base de la discussion, 4 bassins de production avaient été pré identifiés. Le premier représente la partie Nord ouest où se situe les districts de Kindamba, Mindouli, Vindza et Kimba, avec une population totale de 67.719 habitants. Le second compte les districts de Boko, Louigui  et Loumo, avec 28.194 habitants. Le troisième regroupe ceux d’Ignié de Mayama et de Ngabé avec une population totale de 74.226 habitants. Le dernier bassin concerne les districts de Kinkala, Mbanza-Ndounga et Goma Tsé-Tsé avec une population globale de 58.847 habitants.

Dans le document de conception du Proder3, élaboré en 2007, douze pistes avaient été pré sélectionnées en vue de leur réhabilitation. Il s’est agit de : à Kinkala, Koubola-Kibossi (15km) ; Ngambari-Matoumbou (10km) ; Ngela-Mbamou-Kinbouendé (31km). A Boko, Louigui-Moulenda (21km) ; Nkama-Mbangala-Bikonga (21km) ; Loumo-Kimbanda (30km) ; Boko-Ntombo-Manianga (45km) ; Boko-Matombé (18km). A Kindamba, Nzinzi-Gare Loulombo (15km) ; Vindza-Kimba (55km) ; Ngoungou Ecole-Mbamba (40km) ; et Imbimi RN2-Maty (61km). Sur un total de 342 km, seulement 85 km de pistes sont réhabilitables par le projet.

Dans la sangha, 07 bassins de productions ont été retenus il s’agit de l’axe nord ouest ( Sémbé, Souanké, Ngbala), l’axe fluvial sud est et du district de Pikounda ( Pikounda), la zone péri urbaine de Mokéko et sangha palm ( Ngombé, Ketta-Seka, Ketta-yengo, pokola), et la commune urbaine de ouesso ( Ouesso). 08 pistes  seront réhabilités par le Proder 3 dans la sangha à savoir la piste Ellene-garabizam ( 65 km), Ntam-mellen (32 km), Ngbala-bozolo (45 km) , souanké djampouo (18 km), pikounda-ekouomo (65 km), attention-lengwe(17 km), mokeko makola (7 km) elongue-sangha palm (7 km). Le PRODER 3 interviendra dans les 5 districts que compte la sangha, au total il travaillera dans 45 villages répartis comme suit :district de Mokeko :17 villages, districts de souanké 04 villages, districts de sembé 11 villages, district de Ngbala : 07 villages, districts de Pikounda 06 villages.


Notons qu’à ces ateliers, à travers des exposés, certains aspects ont été précisés, notamment, que le projet ne prenait pas en compte les pistes non reconnues par l’Etat ; qu’il n’intervenait pas non plus sur les pistes, mais réhabilite celles qui existent déjà.

Quand au second atelier, au Pool, il a regroupé les 13 chefs de secteurs, représentant les districts du dit département. Ces derniers ont adopté, un aide-mémoire comme guide d’installation ou de mise en place des groupements d’intérêts économiques communautaires (Giec). A cet effet, les participants ont été sensibilisés à la lutte contre la mosaïque de manioc par l’installation de parcs à bois. Les thèmes débattus les ont édifiés sur le rôle à jouer pour l’augmentation de la production de manioc, en incérant des boutures saines, à travers les Giec.

S’agissant de l’installation et de la gestion d’un parc à bois. Le nombre de variétés  devra correspondre à celui d’espaces cultivables, espacés de deux mètres. Il convient par ailleurs de dégager, tout autour du champ quatre à cinq mètres pour éviter les feux de brousse et de mettre des plaques devant chaque variété. Dans un parc à bois, on n’associe pas une autre bouture et le champ doit être entretenu ; la bouture de manioc s’enfouit dans le sol complètement à cinq centimètres de façon oblique.

Les chefs de secteurs de la sangha ont également été formé aux mêmes thématiques.

Pour information, la mosaïque africaine du manioc est une maladie qui se reconnait par des tâches jaune verdâtre sur les feuilles qui se déforment peu après. L’agent causal est un virus qui se trouve dans la sève, attaquant la feuille. Il existe deux modes de propagation : une bouture malade et une mouche qui se nourrit de la sève de la plante. Ainsi la stratégie de lutte en milieu paysan devrait se baser sur l’utilisation de boutures saines ou  de variétés résistantes, que distribue le Proder3. Néanmoins, il faut éviter d’introduire une nouvelle variété pas encore testée. Car il a été démontré que la mosaïque causait 85% de perte. Il n’existe pas sur la tige de signe qui permette de reconnaitre la présence de la mosaïque. Au Congo, 90% des plantes sont attaquées.

Au terme de leur formation, les  chefs de secteurs répartis en groupes ont visité des parcs à bois,  afin d’expérimenter les leçons apprises.

Rappelons qu’à  Impfondo dans le département de la Likouala, la validation des bassins de production avait eu lieu en mai 2010. Dans ce département sept (7) bassins avaient été retenus (au lieu de six (6) comme décrit dans le Rapport de pré évaluation, 48 villages, 29  pistes agricoles  et 20 voies navigables avaient été validés.

                                                                                                             NFL& ATB