jeudi 9 décembre 2010

PRODER 3: Echanges paysans à paysans

Un rendez vous du donner et du recevoir entre les paysans de la zone d’intervention du PRODER 3

Dans le cadre de la gestion des connaissances et des Innovations du PRODER 3, la dernière mission de supervision avait recommandé des échanges entre paysans. C’est dans ce contexte qu’il a été organisé à Louingui et kinkala (département du Pool) des échanges entre les paysans de la zone d’intervention du PRODER 3.

Du 12 au 16 octobre 2010, les paysans venus de la Likouala, du Pool et de la Sangha ont échangés sur des préoccupations communes. Ils ont partagé leurs expériences en matière d’organisation et de fonctionnement des GIEC, la notion de genre, l’accès à la terre, la mise en place des parcs à bois, les difficultés et les succès, la commercialisation et la transformation du manioc, l’autonomisation et les relations avec le PRODER. 
Une organisation et un fonctionnement presque similaires
A la lumière des échanges, il s’est dégagé  qu’il existe des similitudes dans l’organisation et le fonctionnement  des groupements. Les groupements sont composés en moyenne de 30 membres avec à leurs tête un bureau.  Ils travaillent pour la plupart  deux fois par semaine. Le groupement de Mbé est apparu comme le plus vieux (crée en 1996) et le mieux  organisé. Il a été officiellement reconnu  en 2007. Il possède un règlement intérieur qui prévoit des fautes et des sanctions. Les textes sont appliqués avec rigueur. Il est composé de 32 membres, répartis en 8 groupes avec un chef chacun. Chaque groupe est chargé de travailler sur une superficie bien déterminée. Le groupement de Mbé fonctionne comme une mutuelle. Conformément à ses documents de base, le groupement  vient en aide aux membres en difficultés. Les membres décident ensemble de l’utilisation des revenus. Quant au groupement  de Gambari ( Kinkala) il est reconnu officiellement et possède des documents juridiques. Mais l’application des textes n’est pas aussi  rigoureuse que le groupement « ASAD » de Mbé. Contrairement à  ce dernier, le groupement de Gambari a instauré les cotisations des membres  en fonction du besoin, alors qu’à Mbé les cotisations sont mensuelles et obligatoires de même que les frais d’adhésion. Tout membre qui ne s’acquitte pas de  ses frais est soumis à des sanctions. Les autres groupements  très impressionnés par l’organisation de Mbé ont affirmé qu’ils tenteraient d’imprimer la même chose chez eux.


Démotivation de certains membres des groupements
Le groupement de Gambari a  été crée en 2009.  Si au départ, il comptait 35 membres, actuellement il n’en compte plus que 23. La majorité des groupements ont du mal à garder leurs membres.  Pour le cas spécifique du GIEC de Gambari, cela serait dû à la politique d’assistanat menée par les organismes au lendemain des événements douloureux qu’avait connu le Pool. Les organismes leur venaient en aide en leur apportant vivre et argent. « Alors qu’avec le proder 3, il s’agit juste d’un appui en matériel aratoire et en boutures saines de manioc » a dit le président de ce GIEC. «  Maintenant que le champ pousse, beaucoup  de membres démissionnaires sont tentés de revenir ». «  Cela ne se passera pas comme ça, nous avons travaillé dure. La production de manioc et les 30% de boutures qui nous reviennent, seront partagés entre les membres actifs, qui ont travaillé. Les autres n’auront qu’à attendre la mise en place des prochains parcs à bois » a déclaré une femme, membre du groupement.  « Mais pourquoi, les démissionnaires ne se constituerait pas eux même en groupements ? » a proposé un représentant du district d’Igné.


Différence  de relief et des sols,  impact des changements climatiques
Les paysans ont  visité les  parcs à bois du GIEC salabokissa de Louingui  et de Gambari. Le constat a été la sécheresse du champ. Bien qu’il y’ait déjà la présence de tubercules, les plants ont l’air de n’avoir pas beaucoup évolué, comparativement aux parcs à bois de Mbé et de Igné planté presqu’à la même période. D’après, les membres de ce groupement et le chef de secteur, cette situation est due à l’absence de pluie. Les paysans ont aussi fait le constat que dans le pool sud, le relief est accidenté et les sols sont moins riches que ceux du pool nord et des départements septentrionaux. A kinkala, par exemple les terres sont très acides. Par ailleurs, du fait des changements climatiques, la saison des pluies devient plus courte dans le Pool Sud.  Par contre, la pluviosité est très élevée dans les autres zones. Les terrains dans le district d’Igné et de Ngabé sont en savane. Là bas, les groupements ont l’avantage de travailler avec des tracteurs pour le défrichage. Le parc à  bois de Gambari, ne comporte qu’un champ de multiplication. A la différence de Louingui, il n’ya pas de parcelle test.  A igné, l’absence d’arbres dérangent les paysans qui n’ont pas où s’abriter du soleil.

Difficulté d’accès à la terre
A priori, les groupements n’ont pas de problèmes d’accès à la terre.  A Louingui les groupements payent 10 000 Fcfa à l’hectare, à Mbé, il donne une partie de leur production au propriétaire foncier. Seulement, les champs sont de plus en plus éloignés des villages en raison de la pauvreté des sols. Le GIEC de Gambari a eu du mal a trouvé un terrain pour mettre en place son parc à bois. A kinkala, il se pose un problème de disponibilité d’espaces cultivables en raison du relief accidenté.  Les groupements de Gambari et de Ouesso ont l’avantage d’avoir  en leurs seins les propriétaires fonciers des terrains où sont implantés leurs parcs à bois. Le département de la Likouala est situé en zone forestière ce qui rend pénible le travail de préparation de terres. Les paysans doivent abattre de gros arbres.
Appui du PRODER 3
Le PRODER 3 appui de la même manière tous les groupements avec qui, il travaille. Il leur fourni en premier lieu des boutures saines de manioc, une fois que les terres sont prêtes. Ensuite, le PRODER 3 leur offre du matériel aratoire composé de houes, pelles, râteaux, limes…et leur apporte une aide financière  pour l’entretien des parcs à bois. Les groupements du Pool ont déjà reçu le matériel aratoire. Les groupements de la sangha et de la Likouala dont la collaboration avec le PRODER 3  a quelques mois seulement ont été rassuré en écoutant leurs collègues du Pool.  Ils sont surs de recevoir eux aussi le matériel aratoire promis par le PRODER 3 ainsi que les autres appuis. Seulement les groupements  ont décrié la qualité du matériel aratoire distribué par le PRODER  3. Ils souhaiteraient être associés  dans le processus d’acquisition.  Les membres des groupements présents aux échanges, ont tout de même salué l’appui du PRODER 3. Ils mettent beaucoup d’espoir dans les nouvelles boutures fournies par le PRODER 3, même s’ils ont avoué leur scepticisme au début de la collaboration.
Pénibilité de travail dans les zones forestières
La délégation de la Likouala, a demandé au PRODER 3 de leur fournir des tronçonneuses en raison de la pénibilité du travail observé dans leur zone. Certains  aimeraient que le PRODER 3, leurs fournissent aussi des bottes et des brouettes.
Autonomisation
La majorité des groupements ont donné l’impression de tout attendre du PRODER 3, occasion pour les cadres de ce projet de leur rappeler, que les groupements n’appartiennent pas au PRODER 3. De plus le PRODER 3, loin d’être une entreprise qui fait des bénéfices est un projet qui obéit à une feuille de route établie par le FIDA et le Congo. Ce projet va s’achever dans quelques années. Les groupements devraient donc penser à leur autonomisation.   Le groupement de Mbé a partagé son expérience d’autonomie, avec ses collègues. Ce groupement a acquis un véhicule sans  aide extérieure. Grace aux revenus issus de la vente de leur production de manioc, ils ont pu acheter un véhicule  d’occasion qui leur permet de transporter les tubercules de manioc et de se rendre aux champs. Pour assurer le fonctionnement de ce véhicule, il est loué par d’autres paysans.
Notion de genre
Les groupements comportent plus de femmes que d’hommes, sauf à Impfondo où sur 44 membres on ne compte que 14 femmes en raison de la pénibilité du travail qui consiste à abattre les gros arbres. Les paysans ont reconnu l’importance pour les hommes et les femmes de travailler ensemble. Dans la majorité des groupements les femmes occupent le poste de trésorière. A  Igné  par contre, le  poste de président est occupé  par une femme. Pour la déléguée du groupement d’Imbimi « Les hommes et les femmes peuvent travailler ensemble ; de la préparation des terres, au planting, de l’entretien des champs à la récolte. Les femmes peuvent faire parties du bureau quelques soient leurs niveaux d’instruction. Elles peuvent parler en langues nationales pour exprimer et partager leurs idées ».
Les différents départements sont en contre saison :
Les GIEC du Pool ont mis en place leur parc à bois pour la plupart au mois de décembre 2009 et vont récolter en décembre 2010. Ceux de la Likouala et de la sangha viennent à peine de planter les boutures de manioc, ils attendront un an environ avant la récolte.
Commercialisation et  transformation
Le groupement de Mbé a fait savoir qu’il vendait leur production de manioc aux habitants du village et à d’autres clients venant  des villages environnants. Il ne transforme pas le manioc. Par contre le groupement d’igné,  transforme le manioc en foufou, mais rencontre des problèmes pour le séchage.
Perspectives
Les groupements ont parlé de diversifier les cultures, de se constituer en  entreprise et de créer un dépôt de foufou.

Coopération Congo OPEP : L’Accord de prêt ratifié

 
Le Président de la République à promulgué le 21 octobre 2010,  la loi N°11-2010 autorisant la ratification de l’accord de prêt entre le Congo et le fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID) adopté par l’assemblée nationale et le Senat. Cet accord est relatif  au Projet de développement rural dans les départements de la Likouala, du Pool et de la sangha (PRODER 3).

L’accord de prêt signé le 06 octobre 2009 entre le Congo et l’OFID vise la mise en œuvre de la composante accès aux bassins de production du PRODER 3. D’un coût global de sept (7) millions de dollars américains, ce prêt accordé au Congo sera remboursé avec intérêts au taux de 1,75% par an. Il  permettra de financer la réhabilitation et l’entretien d’au moins  100 km de voies de dessertes agricole, ainsi que la réhabilitation de 390 km de voies navigables secondaires pour accéder  aux bassins de productions prioritaires, ou axes y conduisant. Il financera également 60 ouvrages de franchissement. Les routes nationales  et préfectorales ne sont pas prises en compte par ce financement.

Réhabilitation des pistes prioritaires et des ouvrages de franchissement.
Dans le Pool, la réhabilitation des  pistes sera confiée au bureau local du PNUD qui mène déjà des activités similaires dans ce département. Dans la mesure du possible l’approche HIMO sera privilégiée, dans le but de créer de l’emploi aux jeunes désœuvrés  et autres populations vulnérables en zone rurale, former les villageois et les prestataires de services à cette méthode qui peut s’appliquer ensuite valablement lors de l’entretien des pistes et minimiser les coûts de réhabilitation. En outre, les densités suffisantes de population, la qualité des substrats rencontrés et la densité du réseau hydrographique  permettent la mise  en œuvre de cette méthode dans la grande majorité des axes envisagés.
Dans la Sangha et la Likouala cependant, la réhabilitation des pistes sera effectuée par des prestataires de services locaux spécialisés (associations, ONG, PME), sélectionnés à partir de la liste restreinte du PNUD, du PDARP, des autres projets du FIDA et des autres intervenants. Le PDARP, financé par la Banque mondiale et le gouvernement Congolais, réhabilitera des pistes dans la Sangha et le Pool. Par principe de subsidiarité, le PRODER-3 se focalisera uniquement sur les pistes non prises en charge par le PDARP, et nécessitant des travaux de réhabilitation et non d’ouverture.
Entretien des pistes réhabilitées et des voies navigables
Le PRODER-3 appuiera l’entretien annuel des pistes par cantonnage dès l’année suivant leur réhabilitation. Pour ce faire, le Projet mettra en place par l’intermédiaire des prestataires de services (dans la Sangha et la Likouala) et le PNUD (dans le Pool), et de manière contractuelle, des comités d’entretien des pistes en charge de la gestion des barrières de pluies. Aussi, par le biais de ces prestataires, le Projet équipera ces comités en petit équipement de cantonnage, les formera à l’entretien régulier des pistes. Les prestataires créeront et installeront des barrières de pluie sur les axes réhabilités suivant une approche participative en impliquant fortement les riverains, et formera ces comités à la gestion de ces postes de surveillance. Le premier entretien annuel par cantonnage sera financé par le fonds OPEP, tandis que les entretiens ultérieurs seront pris en charge par le Fonds routier. Dans ce but, l’un des rôles des PS locaux ci-dessus sera d’appuyer les comités d’entretien routier et les collectivités décentralisées (conseils départementaux, districts) à monter les dossiers de financement pour obtenir l’intervention du Fonds routier et assurer sa bonne exécution en travaillant étroitement avec les DDTP. L’entretien annuel par cantonnage d’une part et la mise en place et la bonne gestion des barrières de pluie d’autre part, permettront de prolonger la durée de vie des pistes réhabilitées mais ceci n’est pas suffisant. Il sera nécessaire d’effectuer également un entretien mécanisé périodique des pistes réhabilitées, tous les trois ans environ, pour garantir la pérennité des infrastructures réhabilitées. Ces travaux seront pris en charge par le Fonds routier. Par ailleurs, le Projet financera, exclusivement dans la Likouala, l’entretien des voies navigables secondaires, qui ne sont pas prises en charge par le Service commun d’entretien des voies navigables (GIE – SCVN), et permettent d’accéder aux villages. Dans la Sangha, les voies de navigation sont à la charge du GIE - SCVN.



Mission de supervision du FIDA au Congo


Renforcer le leadership des organisations paysannes pour une meilleure pérennisation des acquis des Projet.
La mission de supervision du FIDA au Congo  a eu lieu du 30 juin au 16 juillet 2010. L’objectif de cette mission était de mesurer la performance globale du Programme -Pays, ses effets et son impact sur les groupes cibles.
La principale recommandation de la mission a été le renforcement des capacités organisationnelles des groupements bénéficiaires des actions des projets. La mission a relevé la faiblesse des organisations paysannes, ce qui à son avis représente un risque que les projets aboutissent à des résultats peu durable. En effet, Les trois projets ont initié à des degrés divers une multitude d’activités sans se concentrer sur le renforcement des organisations qui seront chargées de les perpétuer. Ainsi, les groupements, les caisses de micro finances comme les liens avec la recherche et les organes déconcentrés, semblent s’inscrire dans une approche d’exécution d’activités visant un meilleur accès au matériel génétique et à des techniques culturales améliorées. Cette approche vise de façon limitée la construction d’organisations capables de continuer à servir les usagers et les communautés au-delà de la durée des projets, constate la mission. D’après elle, pour améliorer les perspectives de durabilité, il est fondamental de se concentrer sur l’établissement d’organisations bien gouvernées (pour bien représenter les intérêts de tous leurs membres) et bien gérées (pour leur rendre efficacement les services escomptés).
La mission a par ailleurs  constaté que, même si les projets sont à des degrés divers de réalisation, ils tendent à converger vers des résultats communs et à nourrir une dynamique commune. C’est ainsi que le Programme Pays commence à poser les bases pour développer une filière de manioc qui soit plus productive et mieux organisée en mettant en place un système de production et de distribution de matériel génétique (variétés améliorées et saines). Ce système, dont le degré de développement dépend de chaque projet, semble être le résultat le plus probant du Programme Pays. Aussi, pour progresser davantage, la mission a recommandé de renforcer ce système en améliorant sa base organisationnelle paysanne, le compléter pour améliorer les liens de marché (transformation et commercialisation), créer des partenariats durables avec la recherche-et-développement au niveau national et régional, et fortifier les liens avec les organes déconcentrés
Si la faiblesse des organisations paysannes représente un risque pour les projets,  les retards constatés dans la construction des infrastructures risquent de  ralentir fortement l’accès au marché et de démotiver les producteurs. Les activités des projets se sont concentrées tout particulièrement sur l’amélioration de la production. En raison du haut potentiel des variétés de manioc vulgarisées qui ont un rendement de 3 à 5 fois plus élevé que les variétés usuelles, l’augmentation de la quantité de manioc mise sur le marché sera fort supérieure à l’augmentation de la production (à cause de l’importance de l’autoconsommation). Cette situation risque de créer successivement des goulets d’étranglement au stade de la commercialisation, une baisse des prix, et une démotivation durable des producteurs. Pour y remédier, la mission estime qu’il convient d’accélérer la construction des infrastructures prévues (notamment les ponts métalliques) au PRODER-1, et de mettre en place les financements des infrastructures des deux autres projets en accélérant les procédures de décaissement du prêt OFID ( Fonds OPEP) pour le PRODER-2, et de ratification du prêt OFID ( Fonds OPEP) pour le PRODER-3. Il convient également d’améliorer la transformation primaire et le stockage au niveau des groupements de producteurs pour leur permettre de mieux échelonner l’écoulement de la production dans le temps, et de retenir une part plus grande de la valeur ajoutée générée dans la filière.                     
La mission a également relevé, le faible taux de décaissement au niveau des projets : 58,5% et 46,5 % pour les prêts FIDA pour le PRODER-1 et PRODER-2, 12,4% pour le don FIDA (PRODER-3) et 0% pour les deux prêts de l’OFID (PRODER-2 et 3). 
Signalons qu’il s’agit de  la première mission de supervision directe pour le PRODER-3, la deuxième pour le PRODER-1 et la troisième pour le PRODER-2.

Collaboration PRODER -INADES


Les projets de développement rural collaborent avec  l’INADES Formation Congo (RDC) pour renforcer les capacités des ONG locales et des organisations paysannes

Conformément aux recommandations de la mission de supervision du FIDA au Congo, les projets de développement rural travaillent désormais en partenariat avec l’institut africain pour le développement économique et social. Cette institution est chargée de former  les ONG locales exerçant dans les zones d’interventions des Projets.

Une équipe de l’INADES-Formation avait effectué une mission de travail à  Brazzaville en août 2010. Après une prise de contact avec quelques ONG locales, l’équipe de l’INADES s’est rendu à Dolisie (siège du PRODER 2) et a visité  des GIEC dans les localités d’Ilou panga (district de kimongo) et Mboukoulou (district de louvakou) dans le département du Niari. Mont Bello dans la Bouenza, Indo 2 et Missama dans la Lékoumou, la Bouenza: Mpika 1 et2 Kibonga Louamba 1 et 2. L’objectif était de faire le diagnostic des GIEC et des ONG prestataires en vue de proposer un programme de renforcement des capacités des ONGD pour leurs permettre d'assurer un accompagnement performant et porteur de changement auprès des GIEC mis en plac. L’INADES a faciliter le travail de  diagnostic participatif qui a abouti  à l’établissement  de la situation de référence en rapport avec le  niveau d’organisation et de fonctionnement  des organisations paysannes et des ONG d’une part et d’autre part à l’évaluation des besoins en renforcement de capacités des GIEC(groupements d’intérêt économique communautaire), des chefs de secteurs agricoles et des ONG. L'analyse des résultats a amené à proposer une thérapie centrée sur 5 axes prioritaires de renforcement de capacités : suivantes:
- Axe 1: Organisation Structuration et fonctionnement des GIEC;
- Axe 2: Développement de la culture Auto promotionnelle dans les GIEC;
- Axe 3: Positionnement des GIEC dans les Filières Agricoles Porteuses (Approche Filière);
-Axe4:Gouvernance Participative des GIEC;
-Axe5 Approche et Stratégies d'accompagnement des GIEC.

 L’INADES aidera à mettre au point une stratégie qui permettra d’élaborer un programme de renforcement des capacités, dont la mise en œuvre permettra aux ONG de mieux accompagner le développement de la performance des GIEC et des chefs de secteurs agricoles. Ce qui amènera les organisations de base à une  prise en charge plus ou moins optimale des activités collectives et individuelles.  L’appui de l’INADES  s’articule en plusieurs modules incluant l’accompagnement, le suivi et l’audit. 
Le même travail est attendu au PRODER 3 où l’INADES va renforcer les capacités de la CNOP- Congo (concertation nationale des organisations paysannes).cette institution va dans un premier temps, faire le diagnostic des groupements des départements du Pool et de la sangha et celui de la CNOP-Congo.

Il faut rappeler que lors de la dernière mission de supervision du FIDA (Fonds international de développement agricole) au Congo en juin 2010, il  avait été constaté la faiblesse des organisations initiées par les projets.  Ce qui  représente un risque  d’aboutir à des résultats peu durables. Pour améliorer les perspectives de durabilité des activités entreprises par ces projets, la mission avait recommandé de se concentrer sur la construction  d’organisations bien gouvernées, donc de mettre un accent particulier sur leur renforcement des capacités.

INADES- Formation Congo est une institution qui a une histoire et une longue expérience en la matière. Il est une association nationale faisant partie du réseau INADES Formation. Ce dernier, créé en 1962 à Abidjan en  Côte d’Ivoire par un groupe de pères jésuites français. Depuis, il s’est répandu à travers une dizaine de pays africains dont la RDC. Cette structure  a déjà travaillé avec  deux projets financés par le FIDA en République Démocratique du Congo,  à savoir le PRAPE  et le PRAPO. Dans ce cadre, l’INADES  appui depuis 2009,   la structuration  des OP dans le district de la TSHOPO en province orientale et en 2006 il a appuyé la structuration des organisations des agriculteurs et des pêcheurs à Mbandaka et Bumba dans la province de l’équateur. 


Libérez les savoirs !

Libérez  les savoirs !
Un proverbe chinois dit « Si nous avons chacun un objet et que nous les échangeons, nous avons chacun un objet. Si nous avons chacun une idée et que nous les échangeons, nous avons chacun deux idées ». Ce proverbe montre que l’échange de connaissances est un processus dynamique. La connaissance n’a de valeur que si elle est partagée.
Pour que les connaissances deviennent réellement un atout en faveur d'un  développement efficace, elles doivent être partagées. Le partage des savoirs apporte une valeur ajoutée au développement. On devrait tous partager nos expériences pour en tirer mutuellement parti, reproduire les succès et éviter les échecs. Aussi « jeunesse saura et vieillesse pourra ». L’échange favorise un gain de temps et élargit la vision. On voyage dans l’univers de l’autre et en on revient enrichis. “Echanger des connaissances, c’est la possibilité de donner sans s’appauvrir, c’est la possibilité de partager une ressource inépuisable, " qui ne s’use que si l’on ne s’en sert pas " (maxime du Canard Enchainé sur la liberté de l’information).
L'échange d'informations à l'échelle mondiale est devenu un facteur clé dans la lutte contre la faim et la pauvreté. « Unis contre la faim » a été le thème des journées mondiales de l’alimentation dont les festivités officielles ont eu lieu à Kinkala dans le département du Pool. Le clou de cette manifestation a été les échanges entre paysans de divers départements sur les cultures maraîchères.
Le FIDA à l’instar des autres  organismes des nations unies et institutions internationales, met un accent particulier sur la  gestion des savoirs. C’est dans ce sens que le PRODER 3, a réuni les paysans de sa zone d’intervention à Louingui et Kinkala dans le département du Pool. Echanges, encore échanges, au PRODER 1 et 2 entre les chefs de secteurs sur la campagne agricole 2010-2011.  Et oui !  Nous sommes en pleine campagne agricole, les terres ont été préparées du nord au sud et que démarre le planting !  Pendant ce temps, le FIDA a revu son portefeuille en Afrique du centre et de l’ouest où il finance une cinquantaine de projets. Là aussi, les projets ont échangé sur « l’approche Filière pour les Opportunités et la Croissance ». Les échanges, il en a été question aussi à Addis abeba en Ethiopie lors de la foire aux savoirs.
Partageons, encore et encore nos connaissances et nos savoirs.
Echangeons au maximum nos expériences.
La roue existe déjà, inutile de la réinventer.
Ce que nous ignorons, d’autres le savent sans doute et ce que nous connaissons d’autres en ont certainement besoin.
Souvenez vous que "Le savoir est le seul trésor dont on puisse faire don sans risquer de l'épuiser." (Proverbe africain).
Alors,  libérez les savoirs !


Les Projets de Développement Rural (PRODER)

Des instruments du Gouvernement Congolais pour réduire la pauvreté rurale et atteindre la sécurité alimentaire.
Dans le souci de réduire la pauvreté et la dépendance alimentaire, le Gouvernement Congolais sous l’impulsion du

Président de la République Denis Sassou Nguesso, n’a cessé depuis ces dernières années de multiplier des efforts. Grâce à son dynamisme diplomatique, à côté des autres financements, il a pu obtenir du Fonds international de développement agricole (FIDA), deux prêts et un don pour financer des projets de développement rural couvrant tous les dépar­tements du pays. Le PRODER Nord (Cuvette, Cuvette ouest et Plateaux), le PRODER Sud (Niari, Bouenza, Lékou­mou et Kouilou) le PRODER 3(Likouala, Pool, Sangha) . Ces trois projets ont été approuvés respectivement en 2004, 2006 et 2008. Placés sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, ces projets de développement rural poursuivent fondamentalement le même but à savoir “ l’amélioration des revenus des populations rurales et de la sécurité alimentaire. Ils sont de véritables instruments du gouvernement congolais pour réduire la pauvreté rurale et atteindre la sécurité alimentaire ”.
Depuis « La Nouvelle Espérance » programme de société sur la base du quel, le Président , Denis Sassou Nguesso avait été élu en mars 2002, (programme comprenant un ensemble de réformes visant l’instauration d’un environnement propice à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté), le gouvernement congolais a mis en place une politique de modernisation de l’agriculture à triples objectifs, parmi lesquels la réduction de la dépendance alimentaire du Congo vis-à-vis de l’extérieur, la revalorisation des campagnes, la réhabilitation sociale de la paysannerie et la diversification de l’économie afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du pétrole.
Le Chemin d’Avenir, nouveaux programme du Président réélu en 2009, place l’agriculture au centre de l’industrialisation du Congo.  Le Document de stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) identifie le développement agricole comme un des moyens les plus efficaces pour combattre la pauvreté rurale.
Le Gouvernement a par ailleurs, élaboré une Stratégie de développement agricole (SDA) 2004-2013, laquelle repose sur six axes prioritaires: (i) le financement du secteur rural, notamment grâce au développement des institutions de micro finance et à la création d’un Fonds national de soutien à l’agriculture (FNSA) qui est alimenté à hauteur de 10% du budget d’investissement de l’Etat; (ii) l’ouverture et/ou la réhabilitation et l’entretien des voies fluviales et des pistes agricoles;(iii) l’amélioration de l’environnement financier, fiscal et douanier pour le développement de l’agriculture; (iv) le conseil technique aux producteurs; (v) la relance de la recherche scientifique agricole; (vi) la garantie de l’accès à la terre aux potentiels exploitants agricoles. Sa mise en œuvre est fondée sur la participation des bénéficiaires au développement communautaire, l’appui aux organisations de base, et un partenariat avec les autres départements ministériels concernés.